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Empaqueter l’aventure

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By Andrew Elliott

En 1988, Randy Quaid, ancien fugitif et parfois résident de Chelsea, Québec, joue le rôle du méchant dans le film Moving. Ce film met en scène Richard Pryor, incarnant un homme qui perd son emploi et doit déménager avec sa famille du New Jersey jusqu’en Idaho pour une nouvelle opportunité professionnelle. Les déménageurs qu’il engage disparaissent en route, et Pryor finit par tout faire lui-même pour récupérer ses affaires.

C’est une comédie burlesque, improbable aujourd’hui, qui tourne aussi en dérision notre attachement capitaliste aux biens matériels. Le film a une note de 33 % sur Rotten Tomatoes, mais peu importe : rien que de repenser à la scène où Pryor se fait virer me fait encore éclater de rire.

Souvenirs de jeunesse

Enfant, nous avions la cassette VHS du film, visionnée des dizaines de fois. Elle venait d’un enregistrement télé sur First Choice Superchannel, une aubaine. Mes parents n’ont jamais compris le système de classification des films. Pour eux, “R” signifiait “Régulier”. En réalité, c’était surtout pour le langage imagé… de toute famille en plein déménagement.

Je n’ai jamais déménagé quand j’étais enfant.

J’ai grandi dans la même maison semi-détachée dans le coin de Beacon Hill, à Ottawa.

Pour moi, déménager était une notion abstraite, une sorte de rêve fou : quitter ma ville natale.

Une vie de départs et de retours

Ma vie adulte a été rythmée par des départs et des retours à Ottawa. Cette fois, je déménage en tant que conjoint d’une employée d’Affaires mondiales, mais j’ai déjà des années d’expérience à faire et défaire des boîtes. Pourtant, chaque déménagement apporte son lot de nouveaux défis.

La grande migration diplomatique

Pendant la saison des affectations, des centaines de familles canadiennes, au pays ou à l’étranger, s’apprêtent à tout recommencer ailleurs. Imaginez une invasion de cigales, mais plus bruyantes et un peu plus exigeantes.

Déménager sous l’égide du gouvernement fédéral, c’est un peu comme le scénario du film Moving. On vous envoie loin, très loin, dans un nouveau poste. Vous avez huit mois pour tout préparer : votre conjoint doit quitter son emploi, vos enfants changent d’école, et votre logement est déjà choisi pour vous. La seule différence : Richard Pryor choisissait lui-même ses déménageurs… à ses dépens.

Quand on ne choisit pas ses déménageurs

Avec le gouvernement, les entreprises de déménagement sont déjà sous contrat. Mais qui dit contrat ne dit pas forcément efficacité, surtout sous pression. Vous connaissez le jour exact où ils arrivent, sans créneau horaire. On vous conseille de séparer ce qui part avec vous et ce qui sera placé en entrepot long terme.

D’autres diplomates nous ont prévenus : “Ne laissez pas vos poubelles à portée de vue. Si vous pouvez utiliser celles du voisin, faites-le.” Intrigués, nous avons ri… jusqu’à ce que, quatre mois plus tard en Jamaïque, nous découvrions une boîte dans laquelle se trouvaient, une poubelle plein. J’aurais dû me douter de quelque chose quand, à Ottawa, ils ont emballé les plaques d’immatriculation de notre voiture.

Conseils de survie

La saison des affectations, c’est un déménagement classique… multiplié par dix. Entre les ministères et les sous-traitants, rien n’est simple. 3 conseils pour ceux qui s’apprêtent à tout quitter :

  1. Considérez le déménagement comme une aventure. Il ne vous fera pas de câlin, mais vous aurez essayé.
  2. Oui, vos déménageurs emballeront vos ordures. Absolument.
  3. Non, Randy Quaid ne sera pas votre voisin… sauf si vous emménagez à Burlington, Vermont, où il possède une maison sur Randy Lane.
Andrew Elliott

À 40 ans, Andrew Elliott a quitté sa vie de présentateur radio matinal pour commencer un nouveau chapitre à l’étranger — sans emploi, sans plan clair, et sans attentes autres que de soutenir sa famille. Il a vite appris que la vie de conjoint suiveur est tout sauf prévisible.