En plus de faire les valises, de réserver les vols et de se familiariser avec la vie dans le pays où elles déménagent, les familles du service extérieur doivent choisir la bonne école, et le bon système d’éducation, pour leurs enfants.
Les rapports de mission recensent les écoles internationales et les écoles locales compatibles à la mission qui pourraient faire l’affaire. Vous y verrez peut-être un lycée suivant le riche et exigeant programme national français. Ou une option britannique, structurée et complète. Ou encore une école américaine, créative et sportive.
Laquelle vous convient le mieux? Comment choisir?
Nous avons posé la question à des agents du service extérieur et à leurs conjoints. Les détails suivent, mais en résumé :
- Si la maîtrise du français est une priorité absolue, le lycée est le meilleur choix.
- Si votre enfant s’épanouit dans un environnement structuré aux attentes scolaires élevées, le système britannique peut convenir, mais gare aux problèmes de compatibilité avec les écoles canadiennes dans les niveaux supérieurs.
- Si votre enfant s’épanouit dans un environnement créatif, ou souhaite pratiquer des sports parascolaires, optez pour l’école américaine.
Le lycée
Pour
Apprentissage du français de grande qualité. Éducation « classique » mettant l’accent sur les grandes œuvres et les grands penseurs. Programme standardisé qui facilite les transitions d’une école à l’autre.
Contre
Apprentissage « par cœur ». Peu de mesures d’adaptation pour les enfants ayant des troubles d’apprentissage. Campus plus petits offrant moins d’options sportives.
Exigeant sur le plan scolaire
Quand nous avons posé la question, les parents avaient beaucoup à dire sur le lycée, en bien comme en mal.
Selon les personnes interviewées, c’est sans conteste le meilleur choix pour les familles qui priorisent la maîtrise du français, et il convient parfaitement aux enfants qui s’épanouissent dans un environnement scolaire exigeant. Mais le lycée a aussi la réputation d’être plutôt dur, laissant peu de place aux élèves qui pensent différemment.
L’une des grandes fiertés du lycée est la standardisation : chaque élève d’un niveau donné travaille sur la même matière au même moment, où qu’il soit dans le monde, ce qui facilite grandement le passage d’une école à l’autre.
Les élèves sont initiés aux grandes œuvres et aux grands penseurs de la littérature et de la philosophie, pour une solide compréhension des idées et des thèmes qui sous-tendent ce qu’on appelle la civilisation occidentale. Les écoles enseignent l’écriture cursive, et la plupart des travaux et devoirs se font sur papier plutôt qu’à l’écran, un atout pour les familles qui estiment que le virage vers les iPad et les ordinateurs portables en éducation n’est pas vraiment bénéfique.
Mais à ces attentes scolaires élevées s’ajoute un manque généralisé de soutien pour les élèves ayant des difficultés d’apprentissage, y compris celles liées à des diagnostics comme le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) et la dyslexie.
Les enseignants ont la réputation de pointer du doigt les élèves peu performants, un environnement pas vraiment bienveillant, mais où les élèves apprennent à accepter la critique et à s’en servir pour progresser.
Bien des parents affirment que le lycée privilégie la mémorisation et la répétition des faits au détriment de la réflexion et de l’analyse, laissant les élèves quelque peu démunis quant aux compétences dont ils auront besoin à l’université et au-delà. D’autres estiment toutefois que ce n’est pas tout à fait exact. Oui, on attend des élèves qu’ils mémorisent et répètent, mais l’idée est qu’en grandissant, ils feront des liens et approfondiront leur réflexion; il faut simplement du temps et de la patience pour les y amener.
Les campus des lycées sont généralement plus petits et offrent moins d’espace extérieur que ceux des autres écoles internationales; les activités sportives parascolaires n’y sont donc pas une priorité.
Le système britannique
Pour
Des enseignants bien formés. Une éducation complète, qui couvre tout, des arts à l’informatique. Un cadre structuré aux attentes scolaires claires.
Contre
Incompatible avec le système d’éducation canadien au secondaire : les enfants pourraient donc devoir changer de système à cette étape. (Voir « Le Baccalauréat International » ci-dessous pour une solution possible à ce problème.)
Excellent pour les jeunes enfants, potentiellement difficile au secondaire
Des trois grands systèmes d’éducation internationaux, le britannique est le moins répandu, comparativement au lycée et à l’américain. (Voir « La liste des écoles compatibles » ci-dessous pour plus de détails.) L’école britannique demeure néanmoins la principale option anglophone à certaines missions. Le système britannique est considéré comme plus strict et plus structuré que le système américain, mais moins rigide que le lycée, et mieux à même d’accommoder les élèves qui apprennent différemment.
Le principal problème : le secondaire. Le programme britannique du secondaire n’est pas arrimé aux normes canadiennes, de sorte que les familles du service extérieur pourraient ne pas être autorisées à y inscrire leurs adolescents sans permission spéciale.
Cela dit, certaines écoles britanniques ne suivent pas le programme britannique au secondaire, mais plutôt celui du Baccalauréat International, ce qui les rend compatibles avec les écoles BI au Canada. Voir la section sur le BI ci-dessous pour en savoir plus.
Le système américain
Pour
Apprentissage expérientiel et fondé sur l’investigation. Du soutien pour tous les types d’apprenants. Une foule d’activités parascolaires.
Contre
L’éducation « dirigée par l’élève » ne convient pas à tous les enfants. L’accent mis sur l’effort plutôt que sur les résultats amène certains parents à se demander si l’école pousse suffisamment les enfants. Enseignement du français de qualité médiocre.
Un environnement bienveillant, mais pas sans défauts
Les parents semblent entretenir une relation amour-haine avec les écoles américaines. D’une part, ils apprécient l’accent mis sur la créativité, l’ouverture d’esprit et la passion, une merveilleuse façon de stimuler les élèves et de maintenir leur motivation. Ils aiment aussi que les élèves de tous les styles d’apprentissage, y compris ceux qui ont besoin de soutien et de mesures d’adaptation, y soient généralement les bienvenus. Et on attend des élèves non seulement qu’ils mémorisent et répètent la matière, mais qu’ils aillent plus loin : qu’ils y réfléchissent, développent leur pensée et présentent leurs analyses.
En même temps, les parents craignent que cet environnement plutôt décontracté ne pousse pas les élèves autant qu’il le devrait, et que ceux-ci reçoivent l’équivalent scolaire d’un trophée de participation simplement pour s’être présentés en classe.
Ils rapportent aussi que si les écoles américaines excellent à accueillir et à encadrer les élèves qui apprennent l’anglais, elles réussissent beaucoup moins bien à enseigner d’autres langues aux élèves anglophones, y compris le français.
Cela dit, les écoles américaines disposent généralement des plus grands campus, avec le plus d’espace extérieur et la plus grande capacité pour les sports après l’école et les autres activités parascolaires, ce qui facilite la conciliation des études et des autres champs d’intérêt, pour une éducation plus complète.
Conseils : comment choisir
Les parents conseillent :
- Déterminez vos priorités: Qu’est-ce qui compte pour vous? Le français? La structure? Un environnement scolaire exigeant? La créativité? Les activités parascolaires? Choisissez une école qui correspond à vos incontournables.
- Reconnaissez vos limites: Les élèves qui ont besoin de mesures d’adaptation ne s’épanouiront probablement pas dans une école qui n’en offre aucune. Les parents qui s’attendent à ce que leurs enfants aient des devoirs structurés n’aimeront pas une école où les devoirs semblent facultatifs. Connaissez-vous vous-même, connaissez votre enfant, et choisissez en conséquence.
- Renseignez-vous auprès des autres à la mission: Ne présumez pas que toutes les écoles d’un même type fonctionnent de la même façon. Interrogez d’autres parents. Ils vous diront peut-être que l’école américaine locale est une véritable cocotte-minute scolaire comparée à l’école britannique, ou que le lycée local est particulièrement accueillant et bienveillant. Apprenez à connaître la situation école par école, et pas seulement système par système.
- Connaissez votre enfant: Certains enfants s’épanouissent dans des environnements scolaires moins structurés; d’autres, non. On nous a raconté que des familles étaient passées du lycée à l’école américaine, puis revenues au lycée, parce que leurs enfants étaient plus à l’aise dans un cadre d’apprentissage plus structuré.
Est-ce que je peux rentrer à la maison?
Il arrive que des familles renvoient leurs enfants au Canada pour l’année scolaire lorsque l’éducation à la mission n’est pas viable, pour diverses raisons. Les pensionnats privés canadiens sont une option, tout comme les écoles publiques. Dans le cas des écoles publiques, il faudra peut-être déployer quelques efforts pour convaincre l’administration d’admettre votre enfant pendant que vous êtes à l’extérieur de la province. Oui, vous payez toujours des impôts provinciaux et vous êtes techniquement résident, mais les administrations scolaires ne le comprennent pas toujours très bien : préparez-vous à devoir insister.
La liste des écoles compatibles
Nous avons demandé à Gemini, l’IA de Google, d’analyser la liste des écoles compatibles d’Affaires mondiales Canada pour mieux comprendre les types d’écoles offertes aux familles du service extérieur. Quelques constats clés de cette analyse :
- Les lycées sont les plus nombreux (108), suivis des écoles américaines (98), puis des écoles britanniques (56).
- Certaines écoles offrent plusieurs programmes. Par exemple, certaines écoles britanniques et américaines offrent des cours du Baccalauréat International (BI) en plus des cours du programme national.
- Le lycée, le britannique et l’américain ne sont pas les seuls systèmes d’éducation offerts. Certaines missions comptent des écoles qui suivent des programmes provinciaux canadiens, ou des programmes australiens.
Le Baccalauréat International (BI)
Beaucoup d’écoles offrent des cours du Baccalauréat International (BI). Au Canada, le programme du BI est offert dans certaines écoles secondaires publiques aux élèves avancés sur le plan scolaire. Certaines écoles privées canadiennes et écoles internationales à l’étranger offrent des cours du BI dès l’équivalent de la 6e année et jusqu’à l’équivalent de la 12e année. C’est une bonne nouvelle si vous souhaitez inscrire votre enfant dans une école secondaire britannique offrant le BI. Les cours du BI sont considérés comme compatibles avec le système d’éducation canadien : ainsi, même si vous ne seriez pas autorisé à inscrire vos enfants dans cette école secondaire si elle n’enseignait que le programme britannique du secondaire, vous pourriez être autorisé à les y inscrire pour le volet BI.

Stefan Dubowski est un rédacteur et réviseur pigiste vivant actuellement à Taipei, à Taïwan, accompagnant sa femme et élevant deux adolescents. Son parcours de conjoint suiveur comprend des affectations à Pékin, en Chine, et à Delhi, en Inde.
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