Le RFDC est un organisme bénévole constitué d'une équipe de conjoints d'employés du GdC qui oeuvrent à bâtir des ponts et défendre les intérêts des familles de diplomates canadiens à l'étranger.

La quête des permis enchantés
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Il était une fois, dans le lointain royaume d’Ontario, deux voyageurs fatigués : Henko le Brave et Chantal la Trop-Prévoyante, qui se mirent en route pour une noble quête : échanger leurs parchemins de conduite hollandais, contre les sacrées licences ontariennes de maniement de chariot. 

Leur quête ne les mena point à un château ni à une tour étincelante, mais bien à un étrange centre d’achat, posé sur les plaines désertes du comté de Walkley.

Le bâtiment, drapé d’ombre et de suie, semblait arraché au décor d’une histoire de dragon. À l’intérieur, l’air était lourd; les carreaux du plancher gémissaient sous leurs pas, et les murs portaient les reliques d’âmes épuisées.

Devant eux, deux univers d’assises s’offraient en silence: 

Une rude rangée d’estrades de métal, sûrement forgées dans le fer de la bureaucratie ; et, en face, une rangée de trônes rembourrés de velours noir, mous comme les nuages, réservés aux élus : ceux qui détenaient un rendez-vous royal.

Ayant réservé leur pèlerinage des lunes à l’avance, nos voyageurs prirent place sur deux de ces trônes moelleux et attendirent leur appel.

De derrière un comptoir surgit la grande gardienne des scribes. Elle fit signe à Henko d’avancer.

Chantal déploya alors son arsenal de preuves: le Registre royal des véhicules néerlandais, le Parchemin du conducteur québécois, et même le témoignage qu’ils avaient jadis porté fièrement les couleurs de la licence ontarienne.

Mais hélas! La gardienne fronça les sourcils devant le talisman d’Henko.

« Cette relique doit être traduite! » déclara-t-elle.

Chantal, stupéfaite, montra du doigt l’inscription gravée sous le sceau de cire : Driver’s License en anglais et Permis de conduire en français.

Cet artefact, déjà multilingue, n’avait nul besoin de langue de sorcier.

La gardienne se retira pour consulter son surintendant dans la tour des Arrières-Bureaux.

Quand elle revint, elle admit à contre-cœur:

« Fort bien… qu’il soit accepté. »

Alors commença le rituel du scribe. Les plumes grattèrent, les rouleaux s’empilèrent. Puis, sans prévenir, la gardienne demanda :

« Veux-tu tenter ton épreuve écrite dès maintenant? »

Henko et Chantal échangèrent un regard paniqué.

« Quelle épreuve ? »

Le royaume les avait oubliés: dix années d’absence, c’était trop, et nulle alliance ne liait l’Ontario aux Pays-Bas. Ils devraient subir les 12 travaux à choix multiple.

Henko, vaillant, s’avança le premier. Le test regorgeait d’énigmes sur les permis d’apprenti, de malédictions de points d’inaptitude et de règles obscures, appris par nos mortels plus de trente-et-une années plus tôt.

Par miracle, ou simple chance de l’apprenti cocher, Henko réussit.

Chantal, malgré ses parchemins et sa témérité, tomba victime des questions pièges et échoua.

Ainsi le destin se montra cruel :

  • Henko, qui avait réussi, fut dépouillé de sa licence hollandaise et reçut en échange un simple parchemin de G1, plus faible qu’un permis d’ânier : il ne pouvait conduire sans chevalier gardien à ses côtés, ni louer de carrosse, ni voyager seul.
  • Chantal, qui avait échoué, conserva sa puissante licence hollandaise et demeura libre de commander son carrosse.


« Quelle sorcellerie est-ce donc ! » s’écria Henko.

Alors qu’ils méditaient sur cette ironie, parut un étranger, auréolé d’une lueur orange d’Amsterdam.

Lui aussi échangeait son parchemin hollandais ; les scribes lui accordèrent un G2, bien plus fort : il pouvait conduire sans gardien.

« Pourquoi reçoit-il plus de pouvoir que moi ? » demanda Henko.

Mais la gardienne de sceaux, agacée, répliqua :

« Nul ne doit mêler sa quête aux affaires d’autrui! »

Les incohérences fermentèrent comme un hydromel gâté.

Le temps s’étira ; quatre heures passèrent, entre billets tirés et sièges repris.

Enfin, Henko déclara :

« Abandonnons cette quête ontarienne maudite et allons au Québec, où règne la réciprocité et où nulle de ces folles épreuves ne nous attend. »

Ils se présentèrent de nouveau aux scribes pour annuler le sort d’Henko.

D’abord compatissant, il défit l’inscription d’Henko sans peine.

Mais celle de Chantal avait disparu : le quart de travail était terminé, son destin scellé par le sort des horaires de travail.

« Nul autre ne peut défaire ton sort, » dit-on à Chantal.

« Reviens demain avec ce Rouleau Prioritaire ; tu seras servie la première. »

Chantal protesta :

« Alors, vous pouvez défaire celui d’Henko aujourd’hui, mais pas le mien ? Et demain, n’importe qui pourra? »

« Ainsi soit-il » répondit le scribe.

La logique, bien que boiteuse, ne laissait aucun autre choix à nos 2 protagonistes.

Ainsi, à l’aube, Chantal revint au temple, son Rouleau Prioritaire en main.

« Remboursez-moi, » déclara-t-elle.

Le nouveau scribe fronça les sourcils :

« Nenni, la transaction est déjà gravée dans la pierre… Va donc au temple voisin de Service Ontario. »

Mais voilà que reparut son premier scribe, qui la reconnut dans sa détresse.

Avec un grand remords, elle avoua :

« Cela aurait dû être défait hier. Maintenant l’inscription est permanente.

Celle qui t’a refusée devra maintenant affronter la grogne du Surintendant. »

Elle promit à Chantal un chèque, à venir par la poste enchantée.

Ainsi, quoique éprouvés, les voyageurs sortent victorieux… ou presque.

Ah ! mais souvenez-vous des trônes : ils avaient, eux aussi, leur propre légende.

Quand Chantal, n’ayant plus de rendez-vous, osa poser son séant sur les sièges de velours, on la rabroua :

« Les Trônes Moelleux sont réservés aux Élus!

Va t’asseoir sur les sièges de métal de la plèbe! »

Et c’est ainsi que, las mais plus sages, nos héros s’en allèrent.

Leur aventure résonna à travers tout le royaume sous le nom de la fable du Permis de Walkley.

par Chantal Bechervaise

(Ce récit est tiré d’une histoire vécue.)

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