TL;PL:
Les conjoints accompagnant les expatriés lors de missions internationales font face à des défis importants pour s’adapter aux nouveaux environnements. Ces défis incluent le choc culturel, l’isolement, la navigation dans différents systèmes de santé, la scolarisation des enfants et l’accès à des possibilités d’emploi. Une adaptation réussie du conjoint, réduit considérablement le taux d’échec des expatriés (retour prématuré ou sous-performance). Historiquement, la mauvaise adaptation du conjoint a d’ailleurs mété la principale cause d’échec de l’expatriation, un problème reconnu depuis les années 1980 (Tung 1982).
Malgré cela, seulement environ 50 % des entreprises multinationales (EMN) offrent un soutien aux conjoints, et l’intérêt pour l’amélioration de ces programmes est en déclin.
Référence complète de l’étude : Webber, E-L., & Vögel, A.J. (2019). The preparation, training and support requirements of expatriate trailing spouses. South African Journal of Economic and Management Sciences, 22(1), a2703. https://doi.org/10.4102/sajems.v22i1.2703
Résumé d’une page :
Défi principal : Les conjoints d’expatriés ont souvent du mal à s’adapter au nouvel environnements, ce qui conduit à l’échec de l’expatriation.
Problème central : Les entreprises multinationales (EMN) ne préparent, ne forment ou ne soutiennent pas adéquatement les conjoints suiveurs avant et pendant les missions internationales.
Principales conclusions :
- Des différences significatives existent entre la préparation, la formation et le soutien dont les conjoints ont besoin et ce que les EMN fournissent.
- Les EMN se concentrent sur les aspects opérationnels (par exemple, la logistique de la relocalisation) mais négligent les besoins d’adaptation sociale et culturelle.
- Les conjoints ont besoin de plus d’informations sur la culture, les coutumes et la vie quotidienne du pays d’accueil.
- La formation interculturelle (objective et subjective) est cruciale mais souvent insuffisante.
- L’aide à l’emploi et le soutien à l’intégration sociale sont souhaités par les conjoints.
- 91,7 % des conjoints de cette étude étaient des femmes.
- 72,9 % des conjoints avaient un emploi avant la mission, contre seulement 20,6 % pendant la mission.
- Les conjoints de cette étude étaient situés dans 52 pays sur 6 continents.
Résultat souhaité : Une meilleure adaptation du conjoint réduit les taux d’échec des expatriés et améliore le succès des missions internationales.
Appel à l’action : Les EMN doivent prioriser et investir dans des programmes de soutien complets pour les conjoints suiveurs, répondant aux besoins pratiques et socio-émotionnels.
Approfondir (Résumé long) :
Introduction : L’étude aborde le problème persistant de l’échec de l’expatriation, souvent causé par l’incapacité des conjoints à s’adapter au pays d’accueil. Malgré des décennies de recherche soulignant ce problème, de nombreuses EMN ne parviennent toujours pas à soutenir adéquatement les conjoints suiveurs, entraînant des conséquences négatives pour la famille et le succès de la mission.
Contexte :
- Historiquement, les conjoints ont été identifiés comme la principale raison de l’échec de l’expatriation.
- Des études ont montré que la préparation, la formation et le soutien aux conjoints peuvent améliorer considérablement leur adaptation et réduire les taux d’échec.
- Cependant, l’intérêt des EMN à fournir un soutien conjugal diminue, avec seulement 13 % exprimant un intérêt pour l’amélioration de tels programmes.
Objectif : La recherche vise à déterminer les besoins spécifiques en matière de préparation, de formation et de soutien des conjoints avant et pendant les missions internationales.
Cadre : L’étude a recueilli des données auprès de 218 conjoints situés dans 52 pays sur six continents.
Méthodes :
- Collecte de données : Un questionnaire en ligne auto-administré a été distribué aux conjoints.
- Échantillonnage : Un échantillonnage non probabiliste par jugement et un échantillonnage boule de neige ont été utilisés.
- Analyse des données : Une analyse factorielle exploratoire, l’alpha de Cronbach, des tests t et des tests t appariés ont été employés.
Revue de la littérature :
- Importance du soutien conjugal : Le soutien et l’adaptation du conjoint sont essentiels au succès de l’expatrié.
- Besoins en préparation : Informations sur la culture, le niveau de vie et la vie quotidienne du pays d’accueil. Visites d’orientation dans le pays d’accueil. Assistance à la relocalisation, au logement et au placement.
- Besoins en formation : Formation interculturelle (caractéristiques objectives et subjectives). Formation linguistique. Développement des compétences sociales et des capacités de réseautage.
- Besoins en soutien : Soutien social de la part de l’EMN et des ressortissants du pays d’accueil. Aide à l’emploi pour les couples à double carrière. Mentorat, communautés d’expatriés, rencontres sociales et autres formes d’intégration sociale.
Résultats :
- Profil démographique : L’échantillon était principalement composé de femmes conjointes (91,7 %), âgées de 41 à 50 ans (35,3 %), avec différents niveaux d’adaptation au pays d’accueil. La plupart avaient un emploi avant la mission mais étaient sans emploi pendant celle-ci.
- Analyse factorielle : L’étude a identifié des facteurs distincts liés à la préparation, la formation et le soutien requis et fournis.
- Fiabilité : L’outil de mesure a démontré une bonne cohérence interne (alpha de Cronbach > 0,70 pour tous les facteurs).
- Préparation : Des différences significatives ont été trouvées entre la préparation requise et fournie pour les cinq variables mesurées. L’écart le plus important concernait les sessions d’information sur les différences culturelles.
- Formation : Des différences significatives ont été trouvées entre la formation requise et fournie pour les quatre variables mesurées. Les écarts les plus importants concernaient la formation interculturelle objective et subjective.
- Soutien : Des différences significatives ont été trouvées entre le soutien requis et fourni pour toutes les variables mesurées. L’écart le plus important concernait le conseil en matière d’emploi.
Discussion :
- Les EMN ne sont toujours pas à la hauteur : Malgré la conscience de l’importance du soutien conjugal, les EMN ne répondent pas aux besoins de préparation, de formation et de soutien des conjoints suiveurs.
- Concentration sur les aspects opérationnels : Les EMN ont tendance à prioriser les aspects opérationnels de la relocalisation plutôt que les besoins d’adaptation sociale et culturelle.
- Manque d’information : Les conjoints ont besoin de plus d’informations sur la culture et la vie quotidienne du pays d’accueil.
- La formation interculturelle est cruciale : La formation interculturelle, tant objective que subjective, est très souhaitée mais souvent absente.
- L’aide à l’emploi est vitale : Avec l’augmentation des couples à double carrière, le soutien à l’emploi pour les conjoints est essentiel. L’écart le plus important identifié entre le soutien requis par les conjoints et ce qui leur était fourni par les EMN concernait le “l’appui en matière d’emploi”.
- L’intégration sociale est clé : Les conjoints ont besoin de soutien pour construire des réseaux sociaux et s’intégrer dans la communauté d’accueil.
- Mentorât informel préféré : Bien que le mentorat formel soit le soutien social le moins requis, le mentorat informel via les réseaux d’expatriés était très apprécié.
Limites :
- Sous-représentation de certaines régions (Amérique du Nord, Océanie, Amérique du Sud).
- L’étude s’est concentrée uniquement sur les conjoints actuellement expatriés.
Conclusion : L’étude confirme que les EMN ne répondent pas adéquatement aux besoins de préparation, de formation et de soutien des conjoints, malgré l’impact connu sur le succès de l’expatriation. Les EMN doivent déplacer leur attention des aspects principalement opérationnels pour inclure un soutien complet qui répond aux besoins sociaux, culturels et émotionnels des conjoints. Cela comprend la fourniture d’informations détaillées sur le pays d’accueil, l’offre de formations interculturelles et linguistiques, l’aide à l’emploi et la facilitation de l’intégration sociale. En investissant dans des programmes de soutien familial robustes, les EMN peuvent améliorer l’adaptation du conjoint, réduire les taux d’échec des expatriés et améliorer le succès global des missions internationales. La vision ultime est un avenir où les conjoints sont pleinement intégrés dans le processus d’expatriation, recevant le soutien dont ils ont besoin pour s’épanouir dans leurs nouveaux environnements, menant à des missions réussies et à des familles épanouies.
Référence complète de l’étude : Webber, E-L., & Vögel, A.J. (2019). The preparation, training and support requirements of expatriate trailing spouses. South African Journal of Economic and Management Sciences, 22(1), a2703. https://doi.org/10.4102/sajems.v22i1.2703












































