Le RFDC est un organisme bénévole constitué d'une équipe de conjoints d'employés du GdC qui oeuvrent à bâtir des ponts et défendre les intérêts des familles de diplomates canadiens à l'étranger.

Les montagnes russes de la réinstallation
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Les problèmes familiaux figurent parmi les principales causes d’échec des expatriations.

TL;DR:
L’adaptation de la famille joue un rôle essentiel dans la performance de l’expatrié. Les organisations doivent prioriser les systèmes de soutien aux familles pour améliorer la réussite personnelle et professionnelle lors des affectations internationales.

Lorsqu’on discute du succès des expatriations, un facteur crucial mais souvent négligé est l’adaptation de la famille. Les études montrent une forte relation entre la façon dont une famille s’adapte à un nouveau pays et la performance de l’employé expatrié.

Cette forte corrélation est notamment explorée dans la recherche de Trompetter, Bussin et Nienaber, intitulée The relationship between family adjustment and expatriate performance.

L’énergie et la concentration sont des ressources limitées. L’inquiétude constante pour son conjoint ou ses enfants épuise l’employé, et ce stress a inévitablement un impact négatif sur son travail. C’est le principe fondamental de la Théorie du déversement (Spillover Theory). Environ 30 % des retours anticipés d’expatriés ou des échecs sont directement causés par des problèmes d’adaptation familiale. C’est un enjeu majeur, qui montre que soutenir toute la famille n’est pas seulement agréable, c’est une stratégie commerciale intelligente.L’incapacité d’adaptation de la famille est la cause directe d’environ 30 % des retours anticipés ou des échecs d’expatriation. Il est crucial de considérer que le soutien à l’ensemble de la famille n’est pas seulement un avantage, mais une stratégie commerciale essentielle et judicieuse face à cet enjeu majeur.

La courbe en U : Savoir où vous en êtes sur le trajet

Chaque famille passe par des étapes émotionnelles prévisibles lors de ce processus, souvent décrit comme la Courbe en U de l’adaptation.

1.   L’euphorie de la nouveauté (la « lune de miel ») : C’est le sommet de l’excitation ! La découverte de la culture, des paysages et de tout ce qui est nouveau vous propulse sur cette première montée d’enthousiasme.

2. Le choc culturel : C’est le moment où les difficultés l’emportent sur la nouveauté. La frustration remplace l’attrait initial. Les obstacles linguistiques, la confusion et l’isolement peuvent survenir avec une grande intensité. C’est la phase la plus critique, nécessitant une intervention immédiate des organisations.

3. L’adaptation : Vous commencez à vous familiariser avec votre nouvel environnement. Les routines se mettent en place et vous avez établi un réseau de soutien local. Vous trouvez votre équilibre.

4. Maîtrise : Vous êtes à l’aise, en confiance, et vous évoluez dans votre vie avec aisance. Vous avez atteint le terme du processus et vous vous sentez épanoui !

La prise de conscience du caractère transitoire de ce point bas constitue l’essence même de l’appréhension de cette courbe.

Construire votre filet de sécurité

Qu’est-ce qui rend une famille mieux préparée quand ces imprévus arrivent ? La cohésion familiale.

Les familles qui s’adaptent le mieux partagent quelques traits clés :

·   Communication ouverte : Parler honnêtement des sentiments et des difficultés.

·   Adaptabilité : Être flexible lorsque les plans changent (et ils changeront !).

·   Soutien Mutuel : S’appuyer réciproquement pour trouver la force émotionnelle de faire face aux défis.

Le soutien aux enfants est essentiel, car leurs difficultés à s’adapter à un nouveau programme scolaire ou l’absence d’amis peuvent affecter l’équilibre de toute la famille. Lorsque les organisations fournissent une aide concrète, telle que des tuteurs linguistiques ou un accompagnement dans le choix de l’école, elles ne font pas que soutenir l’enfant : elles stabilisent l’ensemble de la cellule familiale, permettant ainsi à l’employé d’être plus concentré et productif.

Comment obtenir le soutien dont vous avez besoin

·   Faites vos devoirs : Découvrez de manière proactive toutes les ressources disponibles.

·   Formulez vos requêtes avec tact : Savoir demander de l’aide quand elle ne vient pas toute seule, en formulant la requête de façon à augmenter les chances qu’elle soit acceptée.

Étape 1 : Devenez l’expert des ressources «disponibles »

N’attendez pas une crise pour découvrir ce qui est disponible. AMC (Affaires mondiales Canada) dispose de systèmes de soutien, mais beaucoup de conjoints ne savent pas qu’ils existent.

  • Lisez la Foire aux questions et réponses sur les directives sur le service extérieur (DSE) : Pour comprendre les indemnités de réinstallation ou le résumé des avantages. Lisez le au complet!
  • Inscrivez-vous aux séances pré-affectation (il existe plusieurs formations pour les “personnes à charge“) ou regardez les enregistrements des années précédentes ici. En comprenant le “système”, vous serez en mesure de poser des questions pertinentes. Cela fait beaucoup à assimiler, mais cela sera payant.
  • Trouvez des personnes ressources : Identifiez les personnes qui peuvent vous aider à naviguer dans le nouveau lieu. D’autres Canadiens, conjoints ou partenaires, expatriés d’autres pays, employés de la mission. Ces relations peuvent faciliter la transition !
  • N’ayez pas peur de poser des questions : Chaque expatrié autour de vous est arrivé à cet endroit à un moment donné, a dû apprendre les habitudes locales, la bureaucratie, les banques, les achats en ligne, les astuces pour l’épicerie. Faites-vous ajouter aux groupes WhatsApp locaux (Canadiens et Expatriés) ; il y a toujours des communautés où vous pouvez simplement observer et apprendre, mais aussi poser des questions et même commencer à contribuer en partageant vos propres découvertes.

Étape 2 : Plaidez votre cause habilement

C’est une stratégie fondamentale. Séparez les besoins de “survie” des “ce serait bien si…”, et défendez-les de manières très différentes.

Ex. La logistique : 

Tout ce qui concerne le kit de départ (y compris la saucière 😛), comprendre comment fonctionne votre nouveau logement (bien qu’il est normal qu’il puisse être différent des “standards” qu’on connaît), et obtenir de l’aide pour les besoins de base comme les cartes SIM, Internet, l’expédition et la réception de nos biens, etc. Assurez-vous de lire l’intégralité du “Guide d’accueil” pour comprendre les processus. Vos questions ou demandes seront prises beaucoup plus au sérieux si vous lisez la documentation préparée par la mission avant de poser des questions.

Quand faire part de ces requêtes : Immédiatement. 

L’équipe s’attend à avoir quelques points à ajuster.

·   Soyez clair, factuel et prenez en considération la réalité locale.

·   N’oubliez pas que toutes les demandes doivent provenir de l’employé, mais vous pouvez aider à les documenter.

Défis à relever des conjoints

Les déménagements fréquents conduisent à l’isolement et même à une perte d’identité. L’impact psychologique peut être profond. Selon des études récentes, près de la moitié des conjoints signalent une insatisfaction due à ces défis.

Nous avons abordé le sujet plus tôt, mais soulignons une fois de plus quelques stratégies simples :

·   Rejoignez des réseaux locaux : Engagez-vous dans des activités où d’autres conjoints ou expatriés se réunissent.

·   Participez aux événements sociaux (voir notre astuce de vie du RFDC sur le fait de dire oui aux invitations pendant les 6 premiers mois).

Ce n’est pas nous qui faisons les politiques, mais c’est nous qui les vivons. Notre pouvoir réside dans le fait de devenir un “client” informé, conscient des ressources disponibles, et d’être proactif pour faire de notre déménagement un succès.


Liens et études à l’appui

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