En tant que père d’un enfant de sept ans, je me retrouve souvent – trop souvent – à assister à des fêtes d’anniversaire. Ces événements, qui durent fréquemment bien plus longtemps qu’ils ne le devraient, et qui, comme un spectacle à MarineLand, font souvent des vagues. L’avantage, du moins pour les adultes, c’est qu’on rencontre souvent d’autres parents qui font partie d’un monde professionnel qu’on ne connaît pas beaucoup. Comme l’essai gratuit d’un nouveau service de streaming, on peut voir si ce monde là nous plaît avant de s’y lancer.
Lors d’une de ces récentes sortie remplie de gâteaux et d’enfants plein d’énergie, j’ai rencontré un pilote d’avion américain. Il a déménagé en Jamaïque au milieu des années 2000 pour piloter avec une compagnie d’aviation locale. Il a rencontré sa femme sur l’île, ils ont eu un enfant et vivent une vie agréable ici depuis. Pendant notre conversation, il m’a demandé si, au cours de mes voyages, j’avais déjà été témoin de ce qu’il appelait un «miracle aérien».
Je ne connaissais pas le concept, mais si vous avez déjà pris un vol pour Kingston depuis la Floride ou Toronto, vous en avez peut-être été témoin. Entre pilotes, m’a-t-on dit, c’est comme ça qu’on nomme ce phénomène – des passagers qui demandent des fauteuils roulants pour l’embarquement, descendent de l’avion sans aucune aide une fois arrivés à destination – comme une sorte de miracle dans les nuages.
Bien sûr, aucun miracle ne se produit, il s’agit simplement d’un voyageur assez malin pour se rendre à son siège confortablement, tout en respectant son budget. Il convient de noter que ce n’est pas toujours le cas, et qu’il y a des personnes qui ont besoin d’assistance du début à la fin, ce phénomène semble se produire assez souvent pour que les pilotes lui aient donné un nom.
Cela m’a fait réfléchir aux petites astuces que j’utilise pour essayer de rendre les voyages en avion un peu plus agréables pour moi et ma famille. Bien que je suis passé maître pour utiliser notre plus jeune et la grossesse de ma femme comme argument pour embarquer et débarquer plus rapidement, j’avais aussi, du moins je pensais, un atout secret dans mon sac… Oui, mon sac bandoulière anti-RFID (sac banane pour vous, les papas des années 90) : nos passeports diplomatiques. Assurément, ces majestueux livrets, orné des armoiries de notre grande étendue nordique, nous donneront droit à un traitement spécial.
La réponse…. oui et non… mais surtout non!
En entrant dans un pays étranger, on emprunte une file différente à la douane. Généralement, mais pas toujours, cette file est plus courte que celle des ressortissants qui rentrent chez eux ou les simples voyageurs qui y transitent. Par contre, il y a plus de paperasse à remplir pour l’agent des douanes que pour la famille en vacances ou le ressortissant rapatrié. En réalité, les agents douaniers sont aussi humains, ils se déplacent à une vitesse humaine et ont eux aussi parfois des journées plus difficiles. Donc ça ne va pas toujours plus vite. Je suis peut-être vieux jeu, mais je préfère encore qu’un humain me demande mes papiers plutôt qu’un T-1000, du moins pour l’instant.
Il doit sûrement y avoir un avantage à rentrer chez soi avec un passeport diplomatique. Un chaleureux « Bon retour, mon vieux! », ou une pinte gratuite de sirop d’érable pour faire remonter mon taux de sucre après ce dur voyage de retour.
Non, il n’y en a pas.
Les agents de l’Agence des services frontaliers du Canada s’en fichent éperdument de mon passeport diplomatique, et cette indifférence à l’égard des documents officiels présentés devrait réchauffer le cœur de tous les Canadien. Tout le monde a droit au même traitement ici. Il y a dans la file d’attente à la douane un ordre respecté par tous. On fait la file, on reste en file jusqu’à ce que ce soit notre tour et on passe un après l’autre sans bousculade et dans l’ordre. Ceux qui s’en plaignent, n’ont peut être jamais voyagé hors de l’Amérique du Nord ou de l’espace Schengen ; croyez-moi quand je dis que l’expérience ailleurs peut varier sur une échelle allant de pénible à horrible.
Tant pis pour l’occasion manquée de pavaner mon livret couleur rouge vin à un agent de la Couronne et espérer me faire servir un « par ici, votre Majesté » en étant conduit à un balcon doré où des Beefeaters (gardes royaux britanniques) transporteraient mes bagages jusqu’à un carrosse qui attend dehors.
Malgré ce manque de déférence, nos passeports diplomatiques ont tout de même réussi à attirer l’attention à l’aéroport Pearson en attendant notre vol de retour pour Kingston. Assis dans un petit café, (excellent sandwich Reuben, soit dit en passant), la serveuse a remarqué leur couleur alors que nous rangions nos affaires. Elle a fait remarquer à quel point ils étaient plus jolis que les passeports ordinaires.
C’est vrai qu’ils sont jolis, et pendant que ma femme travaillait sur son téléphone et que ma fille écoutait de la musique sur sa tablette, j’ai admiré leur beauté unique.
Assis dans cet aérodrome nommé en l’honneur d’un ancien pilote et l’un des plus grands diplomates du Canada, je me suis demandé quel chapeau il portait pour obtenir un traitement spécial en voyageant lui… probablement celui de Premier ministre.

À 40 ans, Andrew Elliott a laissé derrière lui son ancienne vie d’animateur radio matinal pour entamer un nouveau chapitre à l’étranger – sans emploi, sans plan précis, ni attentes autres que de soutenir sa famille. Il a vite appris que la vie de conjoint de diplomate n’est pas toujours remplie de paillettes et de caviar. Naviguant entre la tentation de devenir un Apollon au gym, de s’empiffrer de bouffe locale ou de simplement rester cloitré chez lui, il a découvert les difficultés, l’humour, et l’épanouissement personnel inattendu de ce mode de vie.












































